Comprendre le rôle et le fonctionnement des études de dispersion des émissions atmosphériques

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Les émissions atmosphériques font partie intégrante des activités industrielles, minières, municipales et même agricoles. Pour s’assurer qu’elles ne compromettent pas la santé publique ni l’environnement, le MELCCFP exige souvent la réalisation d’études de dispersion atmosphérique.

Qu’est‑ce qu’une étude de dispersion atmosphérique ?

Une étude de dispersion atmosphérique vise à prédire comment les contaminants émis dans l’air se dispersent dans l’environnement, puis à évaluer les concentrations attendues aux endroits où les gens vivent, travaillent ou circulent. Selon le Guide de la modélisation de la dispersion atmosphérique du MELCCFP (2025), ces études sont essentielles pour éviter la dégradation de la qualité de l’air et vérifier la conformité aux normes québécoises lors des demandes d’autorisation environnementale.

En d’autres mots, elles permettent de répondre à la question suivante :

« Que se passe‑t‑il avec les contaminants après qu’ils soient émis dans l’atmosphère ? »

Pourquoi les études de dispersion atmosphérique sont‑elles nécessaires ?

Les études de dispersion servent à :

Évaluer les impacts environnementaux avant un projet

Le MELCCFP utilise la modélisation de la dispersion des émissions atmosphériques pour autoriser les projets susceptibles d’émettre des contaminants. Les résultats doivent démontrer que les concentrations dans l’air demeurent sous les normes du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (RAA).

Optimiser la conception ou l’exploitation d’une installation

Les études de dispersion atmosphérique permettent, entre autres :

  • D’ajuster la hauteur d’une cheminée;
  • De corriger les débits d’émission;
  • D’ajouter des filtres ou autres mesures d’atténuation.

GCM Enviro Synergies utilise ces résultats pour recommander des solutions pratiques afin d’améliorer la conformité et faciliter l’obtention d’autorisation ministérielle.

Protéger la santé publique et les écosystèmes

Les normes de qualité de l’atmosphère sont conçues pour limiter les risques sanitaires et les nuisances environnementales. Les études de dispersion permettent de quantifier les impacts des émissions atmosphériques sur l’environnement et d’appliquer des mesures pour les atténuer.

Comment réalise‑t‑on une étude de dispersion atmosphérique ?

Une étude complète suit plusieurs étapes standardisées, encadrées par le guide du MELCCFP.

Quantifier les sources d’émission

Plusieurs données peuvent servir à quantifier ces émissions atmosphériques telles que :

  • Les facteurs d’émission (AP‑42, bilans de matière);
  • Les spécifications techniques des équipements;
  • La nature des contaminants;
  • Les conditions d’exploitation.

Choisir un modèle de dispersion

Le MELCCFP recommande les modèles AERMOD ou AERSCREEN, utilisés en Amérique du Nord pour simuler la dispersion selon :

  • La topographie;
  • Les conditions météorologiques;
  • Les caractéristiques des sources (hauteur, température, vitesse).

AERMOD est celui qui est le plus couramment utilisé. GCM Enviro Synergies utilise ce modèle.

Utiliser des données météorologiques représentatives

Les études exigent souvent des données de vent, température, stabilité atmosphérique, parfois fournies directement par le MELCCFP pour AERMOD.

Simuler différents scénarios

Les modélisations intègrent :

  • Les conditions normales d’exploitation;
  • Les pires conditions de dispersion;
  • Les variations saisonnières;
  • Les situations d’urgence (épisodes exceptionnels).

Interpréter les concentrations au sol

Les résultats montrent où, quand et à quelles concentrations les contaminants atteignent les récepteurs sensibles tels :

  • Les quartiers résidentiels;
  • Les écoles et hôpitaux;
  • Les zones humides et habitats sensibles.

Un rapport d’études de dispersion atmosphérique complet doit ensuite être soumis au MELCCFP pour examen.

Une industrie plus responsable

Les entreprises peuvent identifier les meilleures technologies pour réduire leurs impacts. En prévoyant les concentrations avant même la construction d’un projet, on évite les dépassements des normes de qualité de l’air. Ces études deviennent souvent publiques dans le cadre des procédures d’autorisation et de consultation.

Vers une modélisation plus précise et accessible

Selon les guides mis à jour en 2025, la modélisation atmosphérique évolue rapidement :

  • Les outils sont plus précis,
  • Les jeux de données météorologiques sont plus complets,
  • Les méthodologies se sont beaucoup améliorées.

Conclusion

Les études de dispersion des émissions atmosphériques sont bien plus que des exigences réglementaires : ce sont des outils scientifiques essentiels pour protéger notre qualité de l’air.

En combinant modélisation, données météorologiques, évaluation réglementaire et expertise technique, elles permettent de prendre des décisions éclairées et responsables pour l’environnement et la santé publique.

Si vous êtes administrateur d’une municipalité, un dirigeant d’entreprise ou un professionnel de l’environnement, comprendre ces études est incontournable pour développer des projets durables et conformes. GCM Enviro Synergies peut vous assister dans ces démarches.

Daniel Lapierre, ing., Chargé de projet-Études et autorisations environnementales

Sources :

Guide de la modélisation de la dispersion atmosphérique

Normes et critères de qualité de l’atmosphère

Guide d’instructions – Préparation et réalisation d’une modélisation de la dispersion des émissions atmosphériques – Projets miniers – Guide d’instructions, mai 2025

Guide d’application du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (chapitre Q 2, r 4.1)

Normes et critères de qualité de l’atmosphère du Québec: Cadre de détermination et d’application

q-2, r. 4.1 – Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère

AP-42: Compilation of Air Emissions Factors from Stationary Sources | US EPA